Please ensure Javascript is enabled for purposes of website accessibility

Les histoires nous appartiennent-elles ou appartenons-nous aux histoires?

Entretien avec Lisa Ndejuru

0:00
/
0:00
Sound off icon that shows the sound is muted.
Move slider left arrow

Les histoires nous appartiennent-elles ou appartenons-nous aux histoires?

Entretien avec Lisa Ndejuru

Lisa Ndejuru

Je m’appelle Lisa, fille d’Aimable, fils de Pierre Claver, Mwene (qui signifie « fils de ») Ngwije, Mwene Karenzi, Mwene Gitondo, Mwene Karorero, Mwene Kivunangoma, Mwene Rwiru, Mwene Murahire, Mwene Nknogoli, Mwene Makara, Mwene Kiramira, Mwene Mucuzi, Mwene Nyantabana, Mwene Gahenda, Mwene Bugirande, Mwene Ngoga, Mwene Gihinira, Mwene Makara, Mwene Gahutu, Mwene Sergwega, Mwene Mututsi et Mwene Kigwa.

Ce sont les histoires d’une nation, d’un peuple. Et le fait que je doive porter cela en moi pour me rapprocher de ces histoires décrit en quelque sorte qui je suis. En même temps, pour beaucoup de gens, ces histoires sont obsolètes, sans importance : Elles parlent, mais que racontent-elles?

La culture rwandaise est orale. Ainsi les histoires ont été portées dans les corps, donc les familles ont porté en elles des fragments de ces histoires comme des gardiennes du savoir. Donc elles transmettaient ces histoires de génération en génération. On les appelait Ibitekerezo, du verbe gutekereza, ce qui signifie « des histoires qui accompagnent nos pensées ». On les utilisait dans des tribunaux afin d’éclairer des situations, pour ne pas oublier. Un chercheur colonial appelé Jan Vansina les a transcrites de 1957 à 1961, et depuis on les connaît sous le nom de Collection Vansina. C’est ainsi qu’on les conserve dans les archives.

Je suis née au Rwanda, mais j’ai grandi en Allemagne, puis ici à Tiohtià:ke, Montréal. Les histoires avec lesquelles on m’a élevé étaient Le petit chaperon rouge, Les trois petits cochons, et toutes ces histoires du même genre. Mais je n’avais jamais eu connaissance de mes propres histoires ou de celles d’où je venais. Mais je me demande ce que l’engagement envers ces histoires implique de nos jours, à l’ère contemporaine. Qu’est-ce que leur mise en scène de manière créative implique? Que réclamons-nous lorsque nous revendiquons notre indigénéité, notre légitimité? Au nom de quoi sommes-nous prêts à agir, en fait? Donc tout cela est une façon de penser avec les histoires et l’art.

« C’est ce en quoi mon travail consiste : avoir beaucoup de mains, d’oreilles, de yeux et de goûts différents et que tout cela rapproche de ces histoires. »

Lorsque j’effectue cette réfection avec de jeunes artistes noirs, des Rwandais, les questions changent : « Possédons-nous les histoires, ou est-ce elles qui nous possèdent? » Nous l’ignorons. Mais il y a quelque chose que l’on peut tirer de cette idée. Et en tant que conteuse, j’ai l’impression de marcher dans les traces de ce que je vois ou ressens, mais il y a des gens qui l’amènent à un autre niveau permettant de voir ou d’entendre. Puis tout d’un coup, cela imprègne nos sens de différentes façons. Ces angles différents — et c’est ce que l’art permet de faire — donnent vie de diverses manières. Donc c’est ce en quoi mon travail consiste : avoir beaucoup de mains, d’oreilles, de yeux et de goûts différents et que tout cela rapproche de ces histoires. J’espère qu’en compo-sant avec elles, en nous rapprochant d’elles, en les ramenant au corps et au récit, en les redonnant, en invitant d’autres artistes à participer à leur mise en scène (à visualiser) qu’une partie d’elles nous atteigne et nous permette de renouer des liens ou d’établir de nouveaux liens. Ces histoires ont toujours porté sur les liens. Elles racontent l’histoire de l’origine qui remonte à bien plus loin dans le passé. Donc, on ne les a pas toutes créées en même temps. Ce sont ces histoires qui ont permis la mise en œuvre de ce travail de connexion.

Le Rwanda a connu un génocide en 1994, et ce n’était pas la première fois qu’on tentait d’exterminer ce peuple. Écraser les histoires et la valeur de tout ce qui vient du passé est une façon de tuer, de ronger un peuple. Donc lorsque je réveille ces histoires, j’essaye de les mettre en valeur. Je mets en valeur ce qui fait partie de nous, et je veux que nous nous tenions debout et que nous formions un seul peuple.

personne interviewée

Lisa Ndejuru

réalisateur et monteur

Abdurahman Hussain

Directeur de la photographie

Nick Jewell

Direction créative

Peter Farbridge et Crystal Chan

Musique

Unicorn Heads ; The Mini Vandals avec Mamadou Koita et Lasso

images

Courtoisie de Lisa Ndejuru

Les histoires nous appartiennent-elles ou appartenons-nous aux histoires?

Les histoires nous appartiennent-elles ou appartenons-nous aux histoires?

Entretien avec Lisa Ndejuru

No items found.

Je m’appelle Lisa, fille d’Aimable, fils de Pierre Claver, Mwene (qui signifie « fils de ») Ngwije, Mwene Karenzi, Mwene Gitondo, Mwene Karorero, Mwene Kivunangoma, Mwene Rwiru, Mwene Murahire, Mwene Nknogoli, Mwene Makara, Mwene Kiramira, Mwene Mucuzi, Mwene Nyantabana, Mwene Gahenda, Mwene Bugirande, Mwene Ngoga, Mwene Gihinira, Mwene Makara, Mwene Gahutu, Mwene Sergwega, Mwene Mututsi et Mwene Kigwa.

Ce sont les histoires d’une nation, d’un peuple. Et le fait que je doive porter cela en moi pour me rapprocher de ces histoires décrit en quelque sorte qui je suis. En même temps, pour beaucoup de gens, ces histoires sont obsolètes, sans importance : Elles parlent, mais que racontent-elles?

La culture rwandaise est orale. Ainsi les histoires ont été portées dans les corps, donc les familles ont porté en elles des fragments de ces histoires comme des gardiennes du savoir. Donc elles transmettaient ces histoires de génération en génération. On les appelait Ibitekerezo, du verbe gutekereza, ce qui signifie « des histoires qui accompagnent nos pensées ». On les utilisait dans des tribunaux afin d’éclairer des situations, pour ne pas oublier. Un chercheur colonial appelé Jan Vansina les a transcrites de 1957 à 1961, et depuis on les connaît sous le nom de Collection Vansina. C’est ainsi qu’on les conserve dans les archives.

Je suis née au Rwanda, mais j’ai grandi en Allemagne, puis ici à Tiohtià:ke, Montréal. Les histoires avec lesquelles on m’a élevé étaient Le petit chaperon rouge, Les trois petits cochons, et toutes ces histoires du même genre. Mais je n’avais jamais eu connaissance de mes propres histoires ou de celles d’où je venais. Mais je me demande ce que l’engagement envers ces histoires implique de nos jours, à l’ère contemporaine. Qu’est-ce que leur mise en scène de manière créative implique? Que réclamons-nous lorsque nous revendiquons notre indigénéité, notre légitimité? Au nom de quoi sommes-nous prêts à agir, en fait? Donc tout cela est une façon de penser avec les histoires et l’art.

« C’est ce en quoi mon travail consiste : avoir beaucoup de mains, d’oreilles, de yeux et de goûts différents et que tout cela rapproche de ces histoires. »

Lorsque j’effectue cette réfection avec de jeunes artistes noirs, des Rwandais, les questions changent : « Possédons-nous les histoires, ou est-ce elles qui nous possèdent? » Nous l’ignorons. Mais il y a quelque chose que l’on peut tirer de cette idée. Et en tant que conteuse, j’ai l’impression de marcher dans les traces de ce que je vois ou ressens, mais il y a des gens qui l’amènent à un autre niveau permettant de voir ou d’entendre. Puis tout d’un coup, cela imprègne nos sens de différentes façons. Ces angles différents — et c’est ce que l’art permet de faire — donnent vie de diverses manières. Donc c’est ce en quoi mon travail consiste : avoir beaucoup de mains, d’oreilles, de yeux et de goûts différents et que tout cela rapproche de ces histoires. J’espère qu’en compo-sant avec elles, en nous rapprochant d’elles, en les ramenant au corps et au récit, en les redonnant, en invitant d’autres artistes à participer à leur mise en scène (à visualiser) qu’une partie d’elles nous atteigne et nous permette de renouer des liens ou d’établir de nouveaux liens. Ces histoires ont toujours porté sur les liens. Elles racontent l’histoire de l’origine qui remonte à bien plus loin dans le passé. Donc, on ne les a pas toutes créées en même temps. Ce sont ces histoires qui ont permis la mise en œuvre de ce travail de connexion.

Le Rwanda a connu un génocide en 1994, et ce n’était pas la première fois qu’on tentait d’exterminer ce peuple. Écraser les histoires et la valeur de tout ce qui vient du passé est une façon de tuer, de ronger un peuple. Donc lorsque je réveille ces histoires, j’essaye de les mettre en valeur. Je mets en valeur ce qui fait partie de nous, et je veux que nous nous tenions debout et que nous formions un seul peuple.

Lisa Ndejuru

Je m’appelle Lisa, fille d’Aimable, fils de Pierre Claver, Mwene (qui signifie « fils de ») Ngwije, Mwene Karenzi, Mwene Gitondo, Mwene Karorero, Mwene Kivunangoma, Mwene Rwiru, Mwene Murahire, Mwene Nknogoli, Mwene Makara, Mwene Kiramira, Mwene Mucuzi, Mwene Nyantabana, Mwene Gahenda, Mwene Bugirande, Mwene Ngoga, Mwene Gihinira, Mwene Makara, Mwene Gahutu, Mwene Sergwega, Mwene Mututsi et Mwene Kigwa.

Ce sont les histoires d’une nation, d’un peuple. Et le fait que je doive porter cela en moi pour me rapprocher de ces histoires décrit en quelque sorte qui je suis. En même temps, pour beaucoup de gens, ces histoires sont obsolètes, sans importance : Elles parlent, mais que racontent-elles?

La culture rwandaise est orale. Ainsi les histoires ont été portées dans les corps, donc les familles ont porté en elles des fragments de ces histoires comme des gardiennes du savoir. Donc elles transmettaient ces histoires de génération en génération. On les appelait Ibitekerezo, du verbe gutekereza, ce qui signifie « des histoires qui accompagnent nos pensées ». On les utilisait dans des tribunaux afin d’éclairer des situations, pour ne pas oublier. Un chercheur colonial appelé Jan Vansina les a transcrites de 1957 à 1961, et depuis on les connaît sous le nom de Collection Vansina. C’est ainsi qu’on les conserve dans les archives.

Je suis née au Rwanda, mais j’ai grandi en Allemagne, puis ici à Tiohtià:ke, Montréal. Les histoires avec lesquelles on m’a élevé étaient Le petit chaperon rouge, Les trois petits cochons, et toutes ces histoires du même genre. Mais je n’avais jamais eu connaissance de mes propres histoires ou de celles d’où je venais. Mais je me demande ce que l’engagement envers ces histoires implique de nos jours, à l’ère contemporaine. Qu’est-ce que leur mise en scène de manière créative implique? Que réclamons-nous lorsque nous revendiquons notre indigénéité, notre légitimité? Au nom de quoi sommes-nous prêts à agir, en fait? Donc tout cela est une façon de penser avec les histoires et l’art.

« C’est ce en quoi mon travail consiste : avoir beaucoup de mains, d’oreilles, de yeux et de goûts différents et que tout cela rapproche de ces histoires. »

Lorsque j’effectue cette réfection avec de jeunes artistes noirs, des Rwandais, les questions changent : « Possédons-nous les histoires, ou est-ce elles qui nous possèdent? » Nous l’ignorons. Mais il y a quelque chose que l’on peut tirer de cette idée. Et en tant que conteuse, j’ai l’impression de marcher dans les traces de ce que je vois ou ressens, mais il y a des gens qui l’amènent à un autre niveau permettant de voir ou d’entendre. Puis tout d’un coup, cela imprègne nos sens de différentes façons. Ces angles différents — et c’est ce que l’art permet de faire — donnent vie de diverses manières. Donc c’est ce en quoi mon travail consiste : avoir beaucoup de mains, d’oreilles, de yeux et de goûts différents et que tout cela rapproche de ces histoires. J’espère qu’en compo-sant avec elles, en nous rapprochant d’elles, en les ramenant au corps et au récit, en les redonnant, en invitant d’autres artistes à participer à leur mise en scène (à visualiser) qu’une partie d’elles nous atteigne et nous permette de renouer des liens ou d’établir de nouveaux liens. Ces histoires ont toujours porté sur les liens. Elles racontent l’histoire de l’origine qui remonte à bien plus loin dans le passé. Donc, on ne les a pas toutes créées en même temps. Ce sont ces histoires qui ont permis la mise en œuvre de ce travail de connexion.

Le Rwanda a connu un génocide en 1994, et ce n’était pas la première fois qu’on tentait d’exterminer ce peuple. Écraser les histoires et la valeur de tout ce qui vient du passé est une façon de tuer, de ronger un peuple. Donc lorsque je réveille ces histoires, j’essaye de les mettre en valeur. Je mets en valeur ce qui fait partie de nous, et je veux que nous nous tenions debout et que nous formions un seul peuple.

Lisa Ndejuru

personne interviewée

Lisa Ndejuru

réalisateur et monteur

Abdurahman Hussain

Directeur de la photographie

Nick Jewell

Direction créative

Peter Farbridge et Crystal Chan

Musique

Unicorn Heads ; The Mini Vandals avec Mamadou Koita et Lasso

images

Courtoisie de Lisa Ndejuru

Perturbation
Soins
Vulnérabilité
arête
Curiosité
Ancesseurs
Perturbation
Vulnérabilité
Curiosité
Expansion
Ancesseurs
Mémoire
Courage
Transmission
Tous
Soins
Courage
Curiosité
Ouverture
Expansion
Mémoire
Courage
Curiosité
Cinétique
Expansion
Perturbation
Courage
Ouverture
Méditation
Tous
Inlusivité
Ancesseurs
Invitation
Transmission
Tous
Soins
Vulnérabilité
Invitation
Corporel
Méditation
Absence
Inlusivité
Ancesseurs
Mémoire
Vulnérabilité
Ouverture
Corporel
Biologique
Transmission
Expansion
Perturbation
Vulnérabilité
Impulsion
Cinétique
Corporel
Absence
Ancesseurs
Courage
Biologique
Tous
Inlusivité
Vulnérabilité
Immersion
Corporel
Tous
Perturbation
Inlusivité
Ancesseurs
arête
Transmission
Inlusivité
Curiosité
Corporel
Transmission
Tous
Inlusivité
Impulsion
Invitation
Immersion
Méditation
Perturbation
Inlusivité
Soins
Corporel
Tous
Perturbation
Mémoire
Impulsion
Curiosité
Expansion
Inlusivité
Ancesseurs
Mémoire
Invitation
Transmission
Inlusivité
Ouverture
Biologique
Méditation
Tous
Soins
Courage
Invitation
Transmission
Ancesseurs
Vulnérabilité
Corporel
Transmission
Expansion
Inlusivité
Mémoire
Soins
Courage
Vulnérabilité
Soins
arête
Corporel
Expansion
Tous
Mémoire
Impulsion
Immersion
Transmission
Tous
Soins
Vulnérabilité
Curiosité
Transmission
Tous
Perturbation
Invitation
Immersion
Biologique
Transmission
Absence
Ancesseurs
Courage
Immersion
Tous
Inlusivité
Immersion
Expansion
Tous
Absence
Perturbation
Impulsion
arête
Cinétique
Ancesseurs
Courage
Immersion
Corporel
Biologique
Mémoire
Inlusivité
Vulnérabilité
Méditation
Cinétique
Ancesseurs
Courage
Perturbation
Ouverture
Tous
Mémoire
Soins
Corporel
Méditation
Expansion
Absence
Ancesseurs
Mémoire
arête
Expansion
Ancesseurs
Ouverture
Invitation
Curiosité
Expansion
Perturbation
Ancesseurs
Invitation
Curiosité
Tous
Ancesseurs
Soins
Curiosité
Méditation
Tous
Absence
Inlusivité
Vulnérabilité
arête
Méditation
Ancesseurs
Curiosité
Cinétique
Transmission
Expansion
Perturbation
Soins
Cinétique
Transmission
Tous
Absence
Perturbation
Ouverture
Transmission
Tous
Soins
Vulnérabilité
arête
Ouverture
Corporel
Mémoire
Curiosité
Cinétique
Corporel
Méditation
Absence
Mémoire
Invitation
Transmission
Tous
Perturbation
Inlusivité
Courage
arête
Expansion
Perturbation
Soins
Ouverture
Transmission
Tous
Impulsion
Ouverture
Biologique
Tous
Inlusivité
Impulsion
Curiosité
Cinétique
Transmission
Absence
Mémoire
arête
Curiosité
Immersion
Ancesseurs
Mémoire
Soins
Courage
Transmission
Perturbation
Ancesseurs
Soins
Impulsion
Tous
Perturbation
Courage
Impulsion
arête
Biologique
Absence
Mémoire
Ouverture
Immersion
Méditation
Ancesseurs
Mémoire
Invitation
Méditation
Expansion
Ancesseurs
Vulnérabilité
Invitation
Biologique
Méditation
Invitation
Curiosité
Immersion
Corporel
Biologique
Ancesseurs
Soins
Invitation
Biologique
Méditation
Corporel
Cinétique
Méditation
Transmission
Tous